Chères amies, chers amis, chères lectrices, chers lecteurs,
J’ai décidé de partager avec vous sur la page « Tranches de vie », quelques textes que je rédige actuellement et qui formeront peut-être un ouvrage, je ne le sais pas encore. Il s’agit de textes courts qui parlent de mon quotidien, de mes impressions, de mes émotions. Celles et ceux qui me connaissent depuis longtemps et qui me suivaient, se souviennent peut-être des textes que je publiais autrefois, sur mon blog Impressions furtives. Il s’agit un peu du même format. J’accompagne presque toujours mes textes de musique ou d’une image, une photo, une peinture. Voici le premier texte, intitulé Une brèche.
Une brèche

Aujourd’hui, c’est mardi. Un jour comme les autres depuis quelques mois. Pour moi, un peu moins que pour Maman.
Aujourd’hui, une partie du plafond du salon de sa maison est tombée. Mais cela aurait tout aussi bien pu arriver hier ou avant-hier. Il y a du plâtre sur le sol. Aucun blessé, seulement un énorme trou dans le plafond et le ciment mis à nu. Un trou qui révèle une faille, une blessure ouverte, visible. Impossible à ignorer, aujourd’hui.
Il se trouve dans le plafond du salon. La pièce principale.
Le voisin est venu ramasser les morceaux et s’assurer qu’il n’y avait plus de danger. Mais cela aurait pu être moi, la voisine ou même un inconnu de passage.
Cela n’a pas vraiment d’importance. Pas plus que le fait qu’aujourd’hui, nous sommes mardi 4 août et que demain, ce sera mercredi.
Le trou est bien là. Béant. Criant. On ne peut plus faire semblant de ne pas le voir.
Dans le salon, il sera possible de le colmater.
Chez ma maman, il n’y a plus de retour en arrière possible.
Je l’ai compris et il faut faire avec. Vivre avec cette brèche aussi longtemps que possible. Quelque chose s’est aussi brisé en moi ce jour-là. Plus que les autres jours, les autres mois, et les années qui ont passé.
Je dois me faire à l’idée que rien ne pourra plus être comme avant. Cette pièce dans laquelle j’ai vécu pendant plus de vingt ans, que j’ai connue presque depuis 50 ans, ne sera jamais plus la même, et tant que j’en suis moi-même encore capable, je dois garder le souvenir de ce qu’elle a été dans le passé et la chérir, et accepter celle qu’elle est devenue au présent. Ce sera ma petite contribution, mon petit refuge pour pouvoir avancer et pour être en mesure de l’accepter, telle qu’elle est devenue aujourd’hui, et telle qu’elle sera demain.



